Chapitre 1 :... C'est toujours difficile de trouver où commencer ...
... Voyons, tout a commencé un vendredi 16 août. L'année ? On s'en fout. C'était une journée classique d'août à Los Angeles. Il faisait chaud à en crever, j'avais vu un chat tellement ralenti par la déshydratation qu'il n'avait même pas réagi alors qu'une voiture lui fonçait dessus ...
... Quoi ? Ca vous gêne que je commence par ma naissance ? Qui a dit qe je devais obligatoirement commencer par ma sortie du ventre de ma mère ? Si ça vous plaît pas, je ne vous oblige pas à lire, laissez-moi raconter comme je l'entends ...
... Bon, comme je l'ai dit, tout commença un putain de mardi 22 janvier. Il faisait froid à en crever, j'avais vu un chat congelé sur une route, à un point qu'il avait éclaté en morceaux lorsqu'une voiture l'avait percuté ...
... C'était une journée de merde, il devait faire juste assez chaud pour qu'il pleuve plutôt qu'il ne neige. Je faisais le pied de grue devant ce squat miteux depuis déjà trois heures et je n'étais qu'à moitié abrité sous une goutière. Je m'étais recouvert d'un drap crade et troué pour me faire passer pour un clodo et du coup, j'étais assis par terre dans une rue crade, et j'étais complètement trempé ...
... Quelle vie palpitante hein ? ...
... J'avais terriblement envie de fumer une clope et je me suis dit que j'allais abandonner ma planque à la con pour me tirer, rentrer chez moi, prendre un, voire deux ou trois bains et dormir 15 heures d'affilée ...
... C'est à ce moment là qu'ils se sont ramenés ...
... Ils étaient six, ils ont débarqué avec deux voitures et sont entrés dans cette vieille maison délabrée en jetant des regards furtifs un peu partout. Il y en a un qui a regardé dans ma direction, qui a fait mine de cracher par terre et qui m'a ignoré ...
... J'ai attendu cinq minutes, puis je me suis décidé à agir ...
... J'ai rapidement vérifié mon artillerie, un fusil à chevrotines et un pistolet automatique. Simple, mais efficace, j'aime beaucoup les chevrotines, car c'est une arme fiable et capable de faire réfléchir n'importe quel adversaire ...
... La porte était fermée, mais la vieille serrure était tout sauf solide : quelques coups d'épaule m'ont ouvert le passage. J'avais le choix entre monter vers le toit délabré et me retrouver à nouveau exposé à la pluie, ou descendre à la cave ...
... Qu'ai-je fait à votre avis ? ...
... Toujours plus bas voyons, les mecs que je pistais préfèreraient sûrement être au sec, tout comme moi. Les marches étaient grinçantes, mais j'entendais les pauvres types psalmodier une mélodie à la con, qui couvraient mes pas. Vraiment des pauvres types. Un petit trou dans le mur m'a permis de voir leur manège sans être vu ...
... Une jeune fille nue était ligotée à terre, dans ce qui devait être un pentacle rouge avec des bougies un peu partout. Les six types dansaient vaguement autour et chantaient des conneries vaguement sataniques. S'il entendait ça, Lucifer devait bien se poiler. Le long couteau effilé dans la main d'un type ne laissait planer aucun doute sur le but d'une telle cérémonie ...
... J'étais trempé, de mauvaise humeur, et j'avais terriblement envie de fumer. Je me suis épargné la peine d'attendre la fin de leur rituel et d'arriver au moment culminant de l'action. Tant pis pour les effets de manche, je suis pas un héros après tout. J'ai défoncé le loquet de la porte avec une chevrotine, et j'ai expédié la seconde dans l'un des types qui s'est tout de suite écroulé par terre ...
... J'ai jeté le fusil et sorti mon flingue avant de vider le chargeur dans les silhouettes en robe noire. L'une d'elles a essayé de me frapper mais je lui envoyer un coup de latte dans les valseuses avant de lui asséner un coup de crosse sur le crâne ...
... Le type avec le couteau avait à peine bougé. Je lui ai expédié une balle dans le genou droit pour lui montrer que je n'avais pas envie de plaisanter. Je lui ai pris le couteau, j'ai coupé les liens de la fille qui s'est enfuie en courant. Encore une conne de plus. Mais bon, c'était pas mes affaires. J'ai relevé la capuche du type maintenant à terre et lui ai appuyé le canon de mon arme sur le front ...
"Salut connard, j'ai pas de temps à perdre parce que j'ai pas envie d'en perdre. Compris ?"... Il a acquiescé nerveusement. Bon, je l'avoue, c'était nul comme entrée en la matière. Bruce Willis a un vrai parolier lui pour ses répliques. Moi, je n'ai que moi. De toute façon, en situation de stress intense, l'être humain comprend instantanément le message, quelle que soit la langue employée ...
"Tu as voulu faire mumuse avec ta propre secte, mais je sais qu'avant tu traînais tes guêtres avec Downey Alcagnis. Je sais qu'il est une plus grosse pointure que toi et qu'il dirige de vraies messes noires avec sacrifice humain, bien plus sanglantes que ce que tu as essayé de faire en free-lance ce soir. Ce que je ne sais pas, c'est où il les organise. Mais ça, toi tu le sais, et tu vas me le dire gentiment, d'accord ?"... Je suis prêt à parier que vous vous dites qu'il m'a fallu torturer ce pauvre gars ou le frapper longuement dans les côtes avec mes guibolles. Seulement, je sais choisir mes proies. Le type en question était une vraie lavette, une petite loque. Il m'a craché tout de suite le morceau ...
... Je l'ai remercié car je suis quelqu'un de courtois, puis je l'ai laissé dans sa merde. Il avait un téléphone portable, il pouvait appeler une ambulance. Lui comme moi savait qu'en ayant balancé Alcagnis, il n'en avait de toute façon plus pour longtemps à vivre ...
... Voilà, palpitant hein ? Tu as aimé quand j'ai descendu tous ces pauvres types, hein lecteur ? Si tu aimes le sang, continues ta lecture, il y en a encore beaucoup à verser ...
... Quoi ? J'ai dit au début que tout commençait un 16 août ? Bah, on y reviendra une autre fois ...