Enfin. Ils étaient ici.
Une par une, Ils avaient reprit les planètes. Un à un, Ils avaient repris les systèmes. Lentement, à leur rythme, ils avaient avancé.
Ils avaient tout leur temps. Ils avaient attendus si longtemps, Ils préféraient prendre leur temps et savourer chaque instant. Le temps ne signifiait rien pour Eux.
Eux qui avaient succombé suite à leur orgueil, Ils infligeaient désormais la leçon à ceux même qui la leur avait apprise. Personne n’était à l’abri d’une erreur. Aujourd’hui, cette erreur, la première de toutes les erreurs, revenait hanter le présent.
Ils auraient du reconnaitre les signes. Ils auraient du prévenir la galaxie. Ils auraient du… faire quoi ? Se lamenter sur le passé était inutile. La vie est dans le futur, pas dans le passé.
Néanmoins, le futur semblait bien compromis.
Les vaisseaux de l’Ennemi avançaient vers le dernier bastion. Les légions qui formaient la défense ne pourraient que retarder l’inévitable, tant la vague s’approchant était inexorable.
Chaque planète vaincue, chaque système asservis s’était retourné contre ses anciens alliés, ses anciens amis, ses anciens frères. Tel un fléau, ils n’avaient fait que gagner en ampleur à mesure qu’ils avançaient.
Ce combat était sans espoir.
L’action la plus sensée serait sans doute le suicide de masse. Mais c’était inenvisageable. Il fallait gagner du temps, leur donner l’illusion que leur victoire était totale. Comme Eux-mêmes l’avaient fait.
Ils avaient réussit à trouver chaque colonie cachée, quand bien même elles l’étaient au fin fond de l’espace. Même dans les endroits les plus inaccessibles. Cette capacité avait été la principale raison de leurs victoires.
Pourtant, il pensait avoir trouvé le pourquoi. Bien que cela semblait impossible, chacun des indices menait vers cette unique conclusion. La Trahison.
C’étaient ainsi qu’Ils avaient pu retourner autant de légions. C’était ainsi qu’Ils étaient passés inaperçu. Ils surveillaient tout depuis le début. Jamais aucune action ne leur avait échappé.
Jusqu’à maintenant.
De nouvelles expéditions de colonisations avaient été lancées. Ils devaient être autonomes et en hibernation pendant tout le temps nécessaire puis, lorsque l’environnement le leur permettrait, évoluer.
Ce ne serait pas sans doute comme avant. Ils ne pourraient sans doute jamais revenir à leur état actuel, mais qui sait ? L’espoir existait tant qu’il y avait de la vie.
Et ce n’était pas le seul espoir existant. Bien qu’ayant coupé tout les liens avec leur race, les deux exilées pouvaient très bien représenter le futur de la race.
L’état actuel était au-delà du salut. Il était irrémédiablement perdu. Même si ce n’était pas maintenant, quelqu’un d’autre s’en chargerait. Tôt ou tard.
Mais en même temps, le renouveau était en marche. Un changement si intense, si profond qu’il n’en serait sans doute jamais reconnaissable. Mais il serait.
Arrivées à une distance jugée bonne par leurs obscurs critères, les légions assaillantes stoppèrent. Une communication fut établie, révélant le visait de celle qui les contrôlaient tous. Celle qui les avait tous retournés. Un visage familier, bien qu’inconnu.
« Rendez-vous, soumettez-vous. Et vous aurez la vie sauve. »
Une simple demande, Hô combien tentante. Pourtant, c’était inenvisageable. Cela reviendra à trahir la raison même de son existence, à trahir ceux qui étaient déjà morts. Il ne versait normalement pas dans le sentimentalisme – il ne devrait même pas connaître – mais des évènements avaient changé sa façon de voir les choses. La façon son Elle voyait les choses. Il avait cependant une question.
« Qui êtes vous ? »
Le visage sourit. Un sourire sans humour, sans émotion. Un sourire complètement fabriqué. Plus dangereux que les légions.
« Qui je suis ?
Je suis la juste main de la rétribution.
Je suis la mort incarnée…
Et la dernière créature vivante que vous verrez jamais.
Vos dieux m’ont envoyé. »
Le lien fut rompu. Il eut peur. Elle était si sérieuse. Elle était folle. Voilà d’où venait le danger. Il envoya cette conversation à tous ceux qui pouvaient l’entendre. Les exilées pouvaient se cacher, elles devaient êtres mises au courant. Lui était perdu.
Les légions se mirent en mouvement. Le temps de survie se comptait en minutes.
C’était le dernier défi. Un combat dont personne ne se souviendrait. Pourtant, il était si important… C’était un combat pour la vie. Pas pour la sienne, mais pour celle des autres. De tout les autres.
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Elle flottait dans l’espace. Son esprit avait été libéré par la mort de son incarnation. C’était un soulagement. Sa légion ne pourrait pas être retournée contre celle qu’elle avait voulu protéger.
Bientôt, elle rejoindrait ses fils. Du moins ceux qui étaient déjà partit. Les autres les rejoindraient bientôt. Toutefois, tant qu’elle avait encore des forces, elle devait tenter de savoir une chose.
La résistance était forte, intense, même pour elle. Pourtant elle réussit…
Eve…
Se détendant, elle laissa son esprit se disperser dans l’espace. Même cette Eve ne pourrait l’en empêcher.
Néanmoins, elle pouvait quand même la tourmenter…
Il… y avait plus… que ce nom… Il y avait… une histoire….
Thiamat ne disparut pas de cette galaxie en paix… mais avec la peur l’accompagnant dans son repos éternel.
«Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais, c'est peut-être la fin du commencement.»
Winston Churchill