Les Peuples Maudits

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 Cinq ans à Belvédère

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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Mar 24 Oct - 9:31

Le Seigneur Jiro se leva de son fauteuil et fit signe à Ayla de le suivre. Ils empruntèrent une sucession de couloirs jusqu'à se retrouver sur une terrasse située sur un balcon de l'imposante demeure Minwanabi. La vue était imprenable sur la vallée et une petite brise agréable circulait dans l'air. Le Tsurani s'assit à une table et invita Ayla à faire de même. Un serviteur mécanique amena quelques gourmandises et une théière fumante.

Jiro des Minwanabi servit lui même le thé à Ayla qui reconnut du Darjeeling Or.

"Je reconnais qu'il s'agit là d'un bienfait des plus précieux de votre galaxie. Nous autres Tsurani pratiquions déjà depuis longtemps ce que nous appelons aujourd'hui Cérémonie du Thé, mais j'avoue que les breuvages que nous utilisions pour cela auparavant n'avaient rien de comparables."

L'ex-Fantôme se contenta de remercier son hôte de la tête et attendit que celui-ci boive en premier avant de porter la tasse à ses lèvres : la vie sur Belvédre rendait vite prudent, même malgré les assurances de San Tandoori. Toujours silencieuse, elle attendit que le Seigneur Jiro continue.

"Avez-vous une idée précise de ce qui vous attend à votre nouvelle fonction ?"

"J'ai quelques idées, mais j'imagine que vous allez me préciser tout cela."

"En effet. Peut-être commencez-vous à en avoir une vague idée, mais Sillage n'a pas réellement d'administration publique en tant que telle. Tout fonctionne par le sens des affaires et du profit. Ainsi, je m'occupe de superviser et de piloter ce qu'une majorité de gouvernements pourraient définir comme les Affaires Etrangères, mais après tout, n'importe qui pourrait se proclamer comme un de mes concurrents et rivaliser avec moi. Et cela fonctionne ainsi à tous les échelons, et c'est pourquoi les Archives par exemple, sont obligées de subvenir elles-même à leurs propres besoins. Moi je vends des informations ou je fais office de représentant auprès de la galaxie pour un certain nombre d'affaires en relation avec d'autres instances de Sillage."

"Mais d'un autre côté, j'imagine que vous ne pouvez pas tout faire dans votre domaine, et vous cherchez donc à m'employer dans ce but."

"En effet, j'ai deux principaux concurrents : la dame Mara des Acoma, une Tsurani comme moi, et un Butan du nom de Mor'Aransa'Salenteï'Kroshonuba'Herenke. Il nous arrive de conclure des affaires entre nous car il y a de la place pour tout le monde dans cette galaxie dans notre domaine. Cependant, je pense que votre travail pourrait m'être utile."

"Très bien, et qu'aurai-je à faire exactement ?"

"Je vous confierai quelques dossiers de ci de là, pour le reste, je vous invite à chercher vous même ce qui pourrait intéresser la clientèle que vous vous formerez. Je sais qu'il y a une demande importante du Pritiv, des Capitaines et des Stratèges sur la situation politico-militaire de l'ensemble de la galaxie, surtout maintenant que Point Central a été détruit. D'habitude nous sommes trop peu nombreux pour établir des ambassades permanentes un peu partout, je ne peux donc que vous encourager à voyager un peu partout où vous pensez pouvoir trouver ce qui vous intéresse."

"D'accord, par quoi je commence ?"

"Lors de la rencontre que nous avons organisé au sujet de la défense de Furiani, les nations qui y ont répondu favorablement étaient issues exclusivement des quadrants sud. Nous ne savons donc pas quelle attitude nous pouvons escompter des nations majeures des quadrants nord à notre égard. Je souhaiterai que vous vous organisiez un tour dans ces régions afin de rendre visite aux nations majeures qui s'y trouvent, et que vous y établissiez des contacts et y récoltiez des informations. Soignez particulièrement votre visite de l'ex-Empire Sith, car je me souviens qu'ils ont annoncé une attitude quelque peu hostile à notre égard à notre venue à Point Central, et avec les récents évènements, il serait bon d'en savoir un peu plus."



---


Lorsqu'Ayla ressortit de la demeure Minwanabi, ce fut avec quelques compagnons et moyens supplémentaires. Outre le fait de disposer d'un Sloop, l'Armina pour sa tournée diplomatique et de ressources diverses pour ses propres besoins et ceux de son travail, il lui avait été alloué un maître espion du nom de Ssquzrrztl, un représentant d'une race qu'Ayla ne connaissait pas mais qui lui présentée comme celle des Ch'Cht. Un membre de la maison des Minwanabi nommé Shingu lui fut également attribué pour s'occuper des questions administratives et économiques qui surviendraient immanquablement au cours des négociations qu'elle aura à mener. A sa demande, Kraalkhesh fut nommé responsable de sa sécurité et eut aussitôt le soutien de quelques mercenaires Kroot et Sul'Hustain à gérer. Pour terminer, une équipe du Pritiv lui était attaché, dirigé par un être en armure noire qui lui fut présenté comme Ovate. Bien qu'elle affichât clairement qu'elle répugnait à se faire accompagner par de tels compagnons, Jiro lui fit comprendre qu'elle y était malheureusement obligée, tout comme lui.
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Elcor



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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Sam 28 Oct - 21:01

"Armida, ici le centre de contrôle du trafic du Centre Impérial. Vous avez l'autorisation de vous poser aux coordonnées que nous vous envoyons. Vous y serez escortés par quatre intercepteurs TIE. Bienvenue dans l'Empire."

L'orbite du Centre Impérial, monde-capitale de l'ex-Empire Sith, était encombrée de vaisseaux de guerre en tout genre, des simples chasseurs au Destroyer Stellaire de classe Impériale mk II. D’ailleurs les capteurs du vaisseau détectaient pas très loin la masse imposante d'un Super Destroyer Stellaire, les vaisseaux amiraux de l'empire. Tout un déploiement de force.

Les coordonnées indiquées par le centre de régulation correspondaient à celle d'un des nombreux astroports militaires de la planète. Apparemment, celui-ci était de taille plutôt modeste, plus prévu pour accueillir les navettes que les classes Vaillants. Les intercepteurs les abandonnèrent alors que le Sloop allait s'amarrer au dock qui lui avait été alloué. Une fois le vaisseau stabilisé - mais toujours flottant dans les air - la voilure se replia en même temps qu'une amarre était jetée sur le dock.

Le comité d'acceuil ne tarda pas à se manifester sous la forme d'une escouade de choc qui investit le vaisseau sitôt que la passerelle avait été déployée. Surpris, et ne voulant pas déclancher d'incident diplomatique en combattant ce qui ressemblait fort à un abordage pirate, mais effectué par des forces gouvernementales, les gardes du vaisseau ne réagirent pas. Par contre, Ayla alla parler à celui qui semblait être le chef d'escouade.

- Vous êtes en train de violer l'immunité diplomatique de mon navire !
- Ordre de mes supérieurs, allez vous plaindre à eux si vous voulez.

A ce moment, l'un des commandos revint faire son rapport.

- Rien à signaler chef.
- Très bien, rentrez à la base. Vous pouvez débarquer. Cependant, avant d'aller voir le Grand Amiral, je vous demanderais de n'emporter aucune arme.
- Très bien.

Dehors, un ambassadeur de l’empire avait patiemment attendu que les troupes d’assauts finissent leurs investigations, et il se dirigeait vers Ayla, tout en lui tendait la main avec un grand sourire. Cependant, il laissa un regard plutôt froid à Kraalkhesh ainsi qu’aux agents du Pritiv qui la suivaient.

- Bienvenue sur le centre impérial, j’espère que vous nous pardonnerez la manière peu cérémonieuse dont vous avez été accueilli, mais avec la destruction du point central, la prudence est notre maître mot.
- Je peux comprendre.
- Je vais vous guider à l’antichambre du bureau de Grand Amiral.

La petite expédition suivit leur guide à travers le dédale de couloir du bâtiment le plus important de tout l’empire : l’ex-palais de l’un des seigneur noir des siths de la galaxie. Finalement, après avoir emprunté l’un des plus grand turbo ascenseur qu’Ayla ait jamais vu, ils arrivèrent à une salle impressionnante, pourvue de plusieurs rangées de chaises.

- Le Grand Amiral ne va pas tarder à vous recevoir. Mettez-vous à votre aise en attendant.

Sur ces mots, il s’éclipsa.

A peine deux heures plus tard, la porte du bureau s’ouvrit, laissant voir le Grand Amiral assis tranquillement à son bureau.

- Ayla Ganet, entrez je vous prie.

Cette dernière s’exécuta, suivie par Kraalkhesh et deux agent du Pritiv, dont le dénommé Ovate.

- Au nom de Belvédère, je vous salue Grand Amiral Thrawn.

Celui-ci répondit, puis, les formalités faites, l’Amiral entra dans le vif du sujet. Du coin de l’œil, Ayla vit que trois gardes Noghri étaient également dans la pièce, et qu’ils surveillaient de près chacun des membres de l’escorte d’Ayla.

- Alors... que me vaut l’honneur de votre visite ?
- Nous avons remarqué que lors de l’arrivée de Sillage au point central, l’empire n’était pas des plus enthousiastes à l’implantation d’une planète pour les nouveaux arrivants. Nous comprenons vos raisons et nous aimerions clarifier les relations diplomatiques entre nos deux nations.
- Attitude louable s’il en est. L’empire n’a rien à reprocher à Belvédère, aussi, je ne vois pas pourquoi nos deux nations seraient en froid diplomatique.
- Je suis heureuse d’entendre de telles paroles Grand Amiral.
- Je ne fais qu’exprimer ma pensée. Cependant, avant que cela ne devienne officiellement la position de l’empire, il faut en référer au conseil des gouverneurs.
- Je vois. Cela prendra longtemps pour qu’ils s’expriment ?
- Non, quelques jours tout au plus. Désirez-vous loger sur la planète durant ce temps ?
- Je pense que je vais loger sur mon navire.
- A votre aise. Bien, j’ai d’autres affaires qui m’attendent. Je proposerais sous peu la normalisation des relations au conseil des gouverneurs.
- Je vous en remercie.

Les formalités d’adieux faites, Ayla et son groupe fut reconduit à l’Armina. La mission s’était plutôt bien déroulée dans l’ensemble, même si elle pouvait vraiment s’améliorer. Bah, à l’origine, c’était une tireuse d’élite et une tueuse, pas une diplomate.
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Anubis



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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Dim 3 Déc - 13:01

Salle de réunion du conseil des gouverneurs.

Les différents gouverneurs sectoriels de l’empire discutent entre eux des affaires courantes de l’empire tout en attendant l’arrivée du Grand amiral Thrawn qui doit arriver d’un instant a l’autre. des verres et des bouteilles de boissons plus ou moins forte parsèment la table,

Soudain, la porte a double battant de la salle s’ouvre et laisse apparaître le Grand amiral Thrawn. Ce dernier adresse un signe de tête a l’assemblée des 7 gouverneur et s’assoit dans un fauteuil de commandement placé en bout de table, dos a la porte. Il se sert un verre de vin d’épice, nouveau cru créer grâce a l’épice vendu par les goa’ulds

« messieurs, nous avons un nouveau point a l’ordre du jour. Vous vous rappelez tous, j’en suis sur, de sillage, ce peuple récemment arrivé dans la galaxie et qui s’est vu octroyé la planète Belvédère.
Une de leur ambassadrice est arrivé il y a peu dans l’optique de normaliser nos relation.
-mais, amiral, n’étiez vous pas contre l’établissement de sillage dans la galaxie ?
-c’est exact gouverneur Tarfin, néanmoins, même si ma méfiance envers Sillage n’a que peu diminuer, ils sera plus facile de les surveiller si nous possédons des relations non hostile avec eux. Nous pourrons ainsi les surveiller discrètement, tout en évitant une guerre inutile. C’est pourquoi je propose l’établissement d’un pacte de neutralité politico-militaire avec Sillage, l’envoie d’un ambassadeur sur Belvédère et le possible établissement de relatons commerciales avec le système de Furiani. »

Les gouverneurs débattirent un petit moment avant d’accepter la proposition du Grand amiral, qui était tout ce qu’il y a de plus raisonnable et de plus sensé au vu des évènement galactiques actuels. De plus, la possibilité de nouveaux débouchés commerciaux attisent la cupidité de certaines des personnes présentes.

« bien, nous enverront donc un ambassadeur sur Belvédère. Maintenant, passons a un autre point de l’ordre du jour. Lors de la création de l’empire, ce dernier a pris le nom d’empire sith, en égard au fait que l’empereur était un seigneur noir des siths. Mais depuis son départ et celui de son apprenti, cette dénomination est caduc. Apres avoir longuement réfléchis, j’ai décidé de renommer l’empire sith : la Confédération Militaire des Systèmes Impériaux ( CSMI ). Je soumet donc cette proposition a votre approbation messieurs. »

Les gouverneurs se regardèrent en silence avant d’acquiescer lentement. Apres tout, ce n’était qu’une question de nom. La nature même de l’empire en resterait inchangé.

La réunion continua encore quelques heures, même si les sujets proposé a l’ordre du jour n’étaient pas de la première importance.

Vaisseau de Sillage.

Ayla s’entraîne au combat au corps a corps avec Kraalkhesh quand le communicateur du bord commença a bipé. Le front ruisselant de sueur, elle se dirige vers l’interphone pour prendre l’appel.
« Ici Ayla Ganet, représentante de Sillage.
-Madame, ici le capitaine Johnson, de la sécurité de l’astroport, le grand amiral Thrawn désire s’entretenir avec vous. Il vous donne rendez vous dans deux heures.
-Très bien ,j’y serais. »

2 heures plus tard.

La représentante de sillage pénétra avec son escorte du pritiv dans le bureau du grand amiral. Ce dernier, assis dans son fauteuil de commandement derrière son bureau et encadré de deux gardes du corps noghris, lui adresse un sourire. Il l’invite d’un geste a s’asseoir avant de lui proposer un verre d’alcool, qu’elle refuse d’un geste de la main.

« Bien Ayla Ganet, j’ai le plaisir de vous apprendre que le Conseil des Gouverneurs a décidé de signer un pacte de neutralité avec le gouvernement de Sillage. Dans ce but nous enverrons un diplomate sur place.
-je suis ravi d’apprendre que vous ne serez pas les ennemis de Sillage.
-je vous en prie. Bien je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Au revoir Ayla Ganet.
-au revoir Grand amiral. »

1 heure plus tard, le vaisseau de sillage décolle du Centre impérial et passe en hyperespace.
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Elcor



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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Ven 23 Fév - 18:09

Planète Hell, Espace Hell

L’Armina avait récupéré une route commerciale fréquentée allant directement au cœur du territoire Hell. Sitôt qu’il se fut identifié comme vaisseau diplomatique, le contrôle spatial de la planète le dirigea vers l’astroport prévu aux visites officielles. Mais contrairement à l’ex-empire sith - maintenant nommé la Confédération Militaire des Systèmes Impériaux – l’escorte fut réellement symbolique, et non menée de façon chienne de garde.

Autre différence appréciable, le comité d’accueil au sol se réduisit à un unique diplomate venu accueillir Ayla.

- Ayla Ganet ? Je suis Sedren. Le conseil Hell m’a confié la tâche de vous guider dans nos bâtiments et de fait tout ce qui nous est possible pour assurer votre confort.
- C’est très aimable à vous. Pourrais-je parler à votre conseil ?
- Bien entendu, suivez-moi. » Sedren se dirigea vers l’entrée du bâtiment, suivit par Ayla. Kraalkhesh voulu la suivre, mais d’un geste, elle demanda à son escorte de rester en arrière. Deux agents du Pritiv, pensant sans doute que cet ordre de s’appliquait pas à eux, emboîtèrent tout de même le pas. Si cela gêna le Hell, il ne le montra pas. « J’imagine que vous venez ici afin d’établir des relations diplomatiques avec notre peuple ?
- C’est exact. Je sais que les Hells sont pacifiques, mais ne pas vous avoir entendu lors du débat mouvementé au point central m’avait surpris.
- Oui, je peux le comprendre. Nous considérions que ce n'était pas à nous de décider si vous aviez le droit de vous établir dans notre galaxie et nous avons préféré garder le silence. Nous y voilà. Le conseil va vous recevoir tout de suite.
- Immédiatement ?
- Oui. Chez les Hells, les affaires extérieures prennent le pas sur les débats internes. En plus, comme tout les membres du conseil sont d’accords pour normaliser les relations, ce qui permettra de diminuer la tension.
- Je vois.

La porte du conseil s’ouvrit lorsque Sedren appuya sur le panneau de commande, puis il fit signe à Ayla d’entrer – avec toujours les deux hommes du Pritiv sur ses talons.


Dix minutes plus tard, elle ressortait de la salle en ayant accompli sa mission. Comme l’avait prévu Sedren – qui par ailleurs l’attendait – les hells avaient été immédiatement d’accords entre eux et tout le temps passé avait été dépensé en paroles diplomatiques pour enrober le tout.

Son guide la raccompagna jusqu’à son vaisseau, puis, alors qu’elle allait le remercier une dernière fois et lui dire au revoir, il lui posa une question.

- Quelle est la prochaine étape de votre tournée ?
- Je pense continuer à l’ouest avant de continuer chez l’ensemble Hapiens/Yuuzhans vongs.

Etrangement, lorsqu’elle mentionna la zone à l’ouest, elle sentit un léger sentiment de peur chez le diplomate, immédiatement confirmé par ses paroles.

- Je ne saurais que trop vous conseiller la prudence. Les routes hyperspatiales sont mystérieusement dangereuses dans cet endroit.
- Merci du conseil, nous resterons à la frange de cette zone dans ce cas.
- J’espère qu’il n vous arrivera rien.

Après les adieux, Ayla embarqua dans le vaisseau et alla jusqu’au poste de pilotage.

- Timonier, cap à l’ouest.

Celui-ci acquiesça et décolla.



Cinq jours plus tard

Lorsque l’Armina émergea de l’hyperespace, ses senseurs restèrent tout d’abord vide. Puis, une fois l’aveuglement temporaire du à la sortie de l’hyperespace dissipé, il ne vit que le système, avec un unique vaisseau de transport escorté par des chasseurs.

L’Armina les héla et s’identifia, mais personne ne lui répondit. Elle recommença en lançant un appel simultané avec tous les moyens de communication disponibles sur le vaisseau, mais sans résultat. En fait, si, avec un résultat.

Deux des six chasseurs escortant le vaisseau décrochèrent et accélérèrent à plein régime vers l’Armina. Mis en garde par l’avertissement des Hells, l’équipage pensa à une attaque pirate et préféra rebrousser chemin avant que des forces plus conséquentes n’arrivent. Il passa en hyperespace avant que les chasseurs n’aient pu se montrer dangereux.

Une fois en sécurité, il se dirigea vers sa prochaine destination : les Vongs
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Mar 27 Fév - 21:52

Belvédère, pôle nord :

L'édifice était haut d'une dizaine de kilomètres et large de deux à sa base. Ce n'était en fait que la partie visible de l'iceberg, puisqu'il s'étendait dans les profondeurs de la planète sur environ dix fois plus. Tout n'était pas encore fini, mais l'ouvrage était cependant suffisamment avancé pour le rendre opérationnel.

Avec la fin de la construction du Phare, la mission du premier convoi de Sillage pourrait enfin avancer et prendre tout son sens. Du moins, c'était là l'idée du maître d'oeuvre, ce dernier n'ayant que peu conscience des luttes intestines d'intérêt qui déchiraient certaines factions du convoi. De toute façon, il en avait toujours été ainsi, et Sillage avait toujours progressé malgré cela.

Il regarda une dernière fois les écrans de contrôle, s'assura que tous les indicateurs étaient au vert, puis, le coeur plein d'émotion, activa les systèmes du Phare...



Quelque part en Hyperespace :

A bord de L'Armina, Ayla Ganett compulsait une nouvelle fois les notes dont elle disposait sur les Yuuhzan Vongs et les Hapiens. Il s'agissait de deux peuples dont les différences culturelles entre eux, mais également vis-à-vis du reste de la galaxie, allaient probablement compliquer les négociations. Ils avaient en plus une réputation d'esclavagistes, de standards moraux très souples, et certaines rumeurs attestaient de bandes de pirates Vongs plutôt actives dans la galaxie, du coup normaliser des relations inexistantes avec eux n'allait pas s'annoncer de tout repos.

Plongé dans son travail, elle fut complètement surprise lorsque ses sens psychiques furent submergés d'un coup par un flash psychique d'une ampleur qu'elle n'avait jamais connue. Sonnée sur le coup, elle ne vit plus rien d'autre qu'une grande lumière blanche que ce soit par ses yeux ou sa psyché. Roulant à terre, elle tenta de se repérer dans sa cabine à l'aide du toucher, mais le coup qui l'avait frappé était si puissant qu'elle eut du mal à ordonner ses gestes.

Néanmoins, l'éblouissement fut de courte durée, puisqu'elle retrouva peu à peu la vue, physique et psychique, au bout d'une petite minute. Apparemment, il ne s'agissait pas d'une nouvelle tentative d'assassinant, car personne n'avait profité de cet instant de faiblesse. Rien n'avait changé apparemment, sauf qu'en se concentrant, elle perçut nettement, en lisière de ses sens psychiques, une présence.

Comme une lueur dans le noir, elle était intense, mais paraissait si lointaine qu'elle n'était pas aveuglante. Elle comprit qu'il s'agissait là d'un point incroyablement lointain, et en se concentrant, elle constata qu'il devait s'agir globalement de Belvédère.

Elle ne put poursuivre ses réflexions plus loin puisque la porte s'ouvrit pour laisser la place à un agent du Pritiv. Sans s'étonner qu'elle soit encore au sol, il prit la parole directement :

"Les instruments du bord nous signalent que le Phare de Belvédère est actif madame. Nous avons jugé bon de vous le signaler."

"Le Phare ?"

"La balise qui guidera les autres convois jusqu'à Belvédère."


Et sans plus donner d'explications, l'agent repartit.

En y réfléchissant bien, Ayla comprit qu'ils ne devaient probablement pas savoir qu'elle était une psioniste et que c'était pour cette raison qu'ils étaient venus l'en informer. Il avait du falloir un très important dégagement d'énergie psychique pour allumer une balise perceptible à cette distance, et vu que la balise ne devait pas la viser spécifique, c'était encore plus d'énergie en jeu pour la faire percevoir à toute une galaxie, voire même plus loin, puisque l'agent du Pritiv avait mentionné d'autres convois.

Cela expliquait l'aveuglement temporaire dont elle venait d'être victime. Et cela voulait probablement dire que tous les êtres sensibles à la psy d'une façon générale en avaient été brièvement les victimes également et seraient au courant. Bah, si ce n'était pas la première galaxie que visitait Sillage, les administrateurs du convoi devaient y être préparés ...
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Mer 14 Mar - 22:07

Espace Vong

L'Armina sortit de l'hyperespace près de la planète principal de l'alliance Hapiens/Vongs. Comme à tout les autres astroports visités par le vaisseau, il fut dirigé vers un emplacement prévu pour les visites diplomatiques. Lorsqu'elle annonça vouloir rencontrer leurs dirigeants afin de normaliser les relations, ses interlocuteurs furent très aimables et lui dégagèrent immédiatement un couloir réservé.

Cette politesse exquise continua encore à l'atterissage où un fonctionnaire de haut rang l'attendait, escorté par une garde d'honneur - qui semblait plus pour Ayla que pour le Hapien d'ailleurs. Il ne manquait plus que la fanfare pour compléter le tableau...

Heureusement, ses hôtes ne poussèrent pas le vice jusque là, par contre, l'interlocuteur d'Ayla fut encore d'une politesse qu'ele n'avait jusque-là jamais vu, pas même chez les Hells ! enfin, peut-être que normaliser les relations ne serait, finalement, pas si difficile que ca.

Elle exposa le but de sa visite, mais la réponse du Hapien manqua de la décontenancer :

- Nous sommes évidemment très favorables à une normalisation des relations. Mes dirigeants proposent même des accords commerciaux !
- Des... accords commerciaux ?
- Oui ! Belvédère a besoin d'un certain nombre de marchandise, non ?
- Au début, en effet... Qu'avez-vous à proposer ?

Dix minutes, une liste déclamée et un bloc-mémo plus tard, Ayla avait tout ce qu'elle avait demandé. Son interlocuteur lui ayant dit qu'il était le représentant officielle de son gouvernement, sa parole vallait celle de son gouvernement, et la mission d'Ayla dans cette nation était terminée.

Dix autres minutes plus tard, le sloop décollait de la planète, tandis qu'Ayla, assise en train de regarder distraitement le bloc-mémo - toutes les offres des entreprises Hapiennes-vongs dont elle se doutait que Jiro s'en moquait - pensa que cette visite s'était très bien déroulée.

Sans doute un peu trop même, ce qui l'intriguait beaucoup...

Finalement, le Sloop rejoignit la sécurité relative de l'hyperespace et retourna vers Belvédère.
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Dim 8 Avr - 10:50

Une semaine plus tard, Belvédère, Manoir des Minwanabi :

Le Seigneur Jiro des Minwanabi prit la peine de conduire lui-même Ayla Ganet jusqu'à une chaise.

"Je suis ô combien ravi de vous revoir Dame Ganet. Votre voyage fut-il agréable ?"

"A peu près. Il le fut en tout cas dans les grandes lignes, quand les brutes de la CMSI ne me séquestraient pas."

"Oui j'imagine. Etant donné que nous ne respectons pas ce que vous appelez l'immunité diplomatique, il semble hélàs justifié que nous n'ayons pas à en percevoir les bénéfices."

"Oui je le suppose."

"J'ai bien reçu votre rapport, et je vous remercie du travail que vous avez accompli. Cela nous aide grandement à montrer que la Maison Minwanabi ne reste pas inactive."

"Vraiment ?"

"Nous vivons une période difficile. Les Acoma ne cessent de monter en puissance et de s'attirer des faveurs. Notre autre concurrent, la Maison Masare semble en bénéficier également. Quand au Pritiv, malgré leur neutralité affichée, ils semblent être assez à l'écoute de la Dame des Acoma, sous l'impulsion du Stratège Enthekhar. Tout ceci est de notoriété publique outre mesure."

"Hmmm, j'imagine cependant que vous ne me dites pas ça histoire de meubler la conversation."


Le Seigneur Jiro des Minwanabi s'autorisa un sourire sardonique avant de poursuivre.

"Bien raisonné Dame Ganet. J'ai peut-être une mission à vous confier."

"Peut-être ?"

"Nous jouons un jeu dangereux et j'ai besoin de pouvoir m'assurer au mieux de votre loyauté. Je sais très bien que vous n'étiez pas une simple responsable de la sécurité sur Point Central. Rassurez-vous, je ne sais rien de plus de votre passé, et j'ajouterai que cela ne me regarde pas, mais certaines choses transparaissent. Dans tous les cas, je souhaiterai que vous élucidiez pour moi certains rapports entre les Maisons Acoma et Masare, et entre la Dame des Acoma et le Stratège Enthekhar. Il me faut des preuves pour contraindre le Pritiv à d'éventuelles mesures de rétorsion."


Ayla Ganet ouvrit la bouche pour répondre, puis préféra ne rien dire et attendre la suite pour forcer son interlocuteur à s'exprimer clairement.

"Hmmm, je vous aiderai bien sûr. Mais pour cela, il va vous falloir faire un choix : je vous ai attribué certains collaborateurs et moyens dernièrement, mais je ne souhaite continuer à le faire que si vous me jurez fidélité, si vous acceptez d'être un vassal de la Maison Minwanabi. L'autre choix possible pour vous est de fonder votre propre maison, la Maison Ganet ou tout autre nom que vous souhaiterez lui donner. A ce moment, nous pourrons être partenaires en contractualisant une relation. Mais pour la réalisation de votre maison, vous vous débrouillerez par vos propres moyens. Je vous laisse y réfléchir bien entendu, mais décidez-vous vite, car je crains que les Acoma ne prévoient une autre machination de plus grande envergure."
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Jeu 12 Avr - 17:31

Le dilemme était intéressant, et pendant un moment, Ayla fut tentée de choisir la vassalité. Après tout, elle n'avait jamais vraiment commandé, mais plutôt obéit. Cependant... cependant, en y réfléchissant, elle devait avouer qu'avoir sa propre maison était assez attirant. Et puis, la « Maison Ganet » ne sonnait pas si mal que ça.

- C'est où que l'on signe les papiers pour fonder sa Maison ?
- Je pense que Kraalkhesh pourra vous le dire. Vous désirez y aller maintenant ?
- Non, cela peut attendre. Après tout, c'est pas comme si le contrat allait être rendu public, non ?
- En effet.

Il resta silencieux suffisamment longtemps pour qu'Ayla se sente obligé de rompre le silence.

- Donc, que pouvez-vous me dire sur ma mission ?
- Que voulez-vous savoir ?
- Tout ce que vous pouvez me dire. Entre autre, les types de preuves que vous voulez et où il est possible de les trouver.
- Les reconnaissances de dettes fourniraient des preuves parfaites. On dit que le Seigneur Masare a l'habitude de noter énormément de chose, cependant, du stratège Enthekhar, impossible d'en dire quoique ce soit.
- D'accords. J'imagine que tout ça est gardé dans leurs maisons respectives ?
- C'est probable en effet.
- Dans ce cas, que pouvez-vous me dire de leurs systèmes de sécurité ? Et avez-vous les plans de leurs maisons ?
- Je n'en ai pas les plans. Quand aux systèmes de sécurité, ils reposent principalement sur des détecteurs psychiques, avec quelques capteurs électroniques aux endroits-clé, mais ce ne sont pas les plus dangereux.
- Des détecteurs psychiques ? Ça va poser quelques problèmes.
- Je pense que Kraalkhesh pourra vous aider sur ce point. D'autres questions ?
- Je pense que ce sera tout.

Ils se saluèrent, puis Ayla sortit de la pièce, au dehors de laquelle le Kroot l'attendait. Il lui emboîta le pas et ils se dirigèrent en voiture vers la maison d'Ayla. Le trajet se déroula en silence et sans incident, Ayla se contentant de regarder le paysage.

Une fois arrivée chez elle, elle se mit à faire le compte de tout ce qu'elle avait : sa maison, ses effets personnels, ainsi que six robots à tout faire pour s'occuper de l'entretien quotidien. Quand à Kraalkhesh, il fallait voir s'il déciderait de rester avec elle lorsqu'il saurait qu'elle volait maintenant de ses propres ailes...

Enfin, pour le moment, elle décida de plutôt préparer sa mission. Elle se sentait d'ailleurs plutôt bien partie pour infiltrer la maison des Masare et devait vérifier que son ancien équipement – qui constituait d'ailleurs la majorité de ses affaires personnelles – marchait au mieux...


Le lendemain, elle alla remplir les papiers disant qu'elle fondait sa propre maison. Sillage était quelques peu anarchiques, les formalités ne furent pas longues et elle put revenir assez tôt pour le repas de midi. Une fois celui-ci achevé, elle demanda au Kroot – qui avait finalement décidé de rester avec elle – tout ce qu'il savait sur les détecteurs psychiques de sillage après lui avoir expliqué sa mission.

Elle s'attendait à une description plutôt vague laissant un peu le champs libre à l'improvisation, mais elle reçut à la place une explications complètes avec – surtout - les moyens des déjouer ces détecteurs. L'explication fut d'ailleurs trop complète pour qu'elle trouve cela normal, cependant, elle ne préféra pas l'interroger plus en avant : elle était mal placée pour lui reprocher de cacher des choses. Mais si elle voulait assurer sa sécurité – surtout dans le futur - il lui faudrait elle aussi trouver de quoi prévenir les intrusions.

Elle monta dans sa chambre enfiler son ancienne combinaison, avec un léger sentiment de nostalgie il fallait l'avouer. Enfin, elle ne pouvait pas renier son passé. Avec un soupir, elle ferma la combinaison et l'activa. Tentant de combattre la vague de nostalgie, elle se mit en route vers la Maison Masare et appliquant les leçons qu'elle venait d'apprendre.
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Mar 8 Mai - 14:48

S'approcher de la maison Masare s'était révélé assez facile et même amusant, bien qu'un peu lent. Glissant sans bruit à travers les bois, camouflage optique activé, elle réfléchissait aux meilleurs moyens d'accomplir sa mission. Si une imitation grossière d'un animal pourrait tromper des détecteurs psi alors qu'elle était encore loin, ce ne serait sans doute pas le cas lorsqu'elle serait à l'intérieur du manoir.

Elle fit le tour de la propriété jusqu'à trouver le bureau du seigneur Masare (elle n'arrivait pas à retenir le nom entier et préférait le désigner par son titre). De là, elle grimpa à un arbre et mit sa visière en mode jumelles. Elle pu ainsi avoir l'insigne honneur de voir le seigneur Masare dos à la fenêtre, en train de griffonner quelque chose sur son bureau.

De là où elle était, elle ne pouvait pas lire ce qu'il écrivait, mais cela n'avait pas spécialement d'importance. Elle l'observait pour reconnaître les lieux. Et si, évidemment, un événement inattendu venait l'aider, elle le prendrait bien volontiers. En l'occurrence, elle vit le Butan se lever et se diriger vers une armoire. Il l'ouvrit, révélant un coffre-fort à double sécurité.

Elle augmenta encore le grossissement de ses jumelles, et réussit même à lire le code qu'il tapait. Parfait fut sa seule pensée. Au moins, ça ferait un obstacle de moins à surmonter le moment venu. Elle descendit de son arbre lorsque le Butan sortit de son bureau et continua son tour du mur.

Elle tomba rapidement sur une brèche dans l'enceinte. En fait d'une brèche, il s'agissait d'un morceau non terminé du mur. Une aide inestimable, car si un animal sauvage pouvait très bien être assez curieux pour la traverser, il aurait sans doute été plus suspect qu'il escalade le mur.

Mais ici la question ne se posait pas, et elle traversa simplement la brèche, pour se retrouver dans le jardin de la résidence Masare. La garde dans le jardin était très légère, et ce qui allait sans doute poser le plus de problème serait le Sul'Hustain qui gardait la porte d'entrée. Encore que... En regardant avec ses jumelles, elle ne vit aucun système électronique qui serait capable de la détecter. Sans doute qu'ils faisaient principalement confiance à leurs satanés détecteurs psis.

Elle ne voyait que deux manières d'entrer : par la grande porte dès maintenant, ou attendre que quelqu'un entre pour passer avec lui. Cependant, si la seconde option était tentante, elle ne savait pas quand viendrait la prochaine personne, et des mesures de sécurité pourrait bien la trahir. Elle opta donc pour l'entrée immédiate. En fait, plus tôt elle en aurait finit, mieux ce serait.

Elle passa la porte d'entrée sans aucune difficulté et se dirigea immédiatement vers le bureau du Seigneur Masare. La porte de celui-ci n'était pas fermé, et elle n'eut donc aucun mal à entrer. Mais ce ne fut pas inaperçue.

Sitôt que la porte fut ouverte, elle entendit une alarme sonner et un rapide coup d'oeil à la fenêtre lui apprit que le jardin commençait à grouiller de garde. Elle devait finir vite si elle voulait remplir sa mission.

Elle se dirigea vers l'armoire cachant le coffre fort et retapa la combinaison. Par contre, l'empreinte digitale lui posait de gros problème : elle n'avait pas la main du seigneur Masare... sous la main justement.

Elle sortit une lame énergétique et commença le découpage de la serrure digitale. Le plastique dont elle était fait était étonnement dur, mais le travail progressait relativement bien. Du moins, jusqu'à ce qu'elle entende des bruits de pas dans le couloir. Elle activa sa visière afin de voir à travers les murs et comprit qu'on la cherchait. Cinq personnes, des Kroots et des Sul'Hustains marchaient, armes la mains et près à tirer au moindre problème.

Elle interrompit momentanément son travail et lança une grenade incapacitante par l'entrebâillement de la porte. Lorsqu'ils virent la grenade arriver, seuls un Sul'Hustain et un Kroot eurent le temps de se mettre à couvert. Lorsque la grande explosa, elle électrifia les alentours à un tel point que ceux dans la zone d'effet perdirent le contrôle de leur corps, ils sombrèrent dans l'inconscience très rapidement.

Ayla retourna à son travail, mai selle avait à peine avancé qu'elle entendit une détonation, et qu'un trou de pas moins de vingt centimètres de diamètres s'était ouvert dans un des murs. Les deux « survivants » n'avaient pas l'intention d'en rester là. Très bien.

Elle prit son fusil et visa juste à côté de la tête du Kroot. Lorsqu'elle tira, la balle blindée perça sans aucune difficulté le mur – elle était prévue pour percer bien plus solide – et arracha l'une des piques de sa cible. Refroidis, celui-ci alla se cacher derrière le bureau et elle pu se remettre à son travail. Jusqu'à ce qu'elle entende un bruit qu'elle haïssait.

Un simple coup d'oeil confirma sa prévision et elle retint un juron avant de s'élancer dans le couloir. La grenade explosa dans la salle sans la blesser. Avant de rentrer, elle épaula son fusil et tira dans l'épaule du Sul'Hustain. Celui-ci lâcha son arme et battit en retraire. Ayla n'aurait sans doute plus à s'occuper de lui.

Toutefois, lorsqu'elle rentra, elle vit que si le coffre était intact, il était tombé sur le côté. Sans trop se décourager, elle se remit au découpage de la serrure. Cependant, elle fut interrompu par une balle trop bien ajustée... et qui l'aurait blessé si elle n'avait pas eut un bouclier. Toutefois, le coup l'avait bien entamé et, de nouveau, elle arma son fusil, et tira encore une fois. Touché à l'épaule – et sans doute un peu plus, étant donné la trajectoire du projectile et la position du kroot – sa cible arrêta de l'embêter.

Mais ce qu'elle avait éliminé n'était que la première vague. Un dizaine d'autres personnes courrait prendre position. Elle lança une autre grenade, mais celle-ci n'en mit que deux hors de combat. Ignorant les détonations qui commencent à transformer les murs en gruyère, elle se pressa de finir de découper le boîtier.

Le coffre s'ouvrit immédiatement, révélant un capharnaum : les feuilles avaient été malmenées lorsque le coffre s'était renversé. Cependant, comme on voyait encore à peu près les divers tas qu'elles devait former à l'origine, elle en prit un peu de chaque et les mit dans son sac à dos – spécialement prévu pour pouvoir se camoufler.

Pendant l'opération, elle reçut un nouvelle balle qui envoya son bouclier dans le rouge. Mais elle avait finit. Elle se dirigea vers la fenêtre, et vit que le jardin commençait à moins grouiller. De toute manière, elle n'avait pas le choix. Elle l'ouvrit et sauta, non sans avoir activé son parachute gravitique.

Elle retomba sans aucun problème sur le sol et se mit à courir vers la brèche qu'elle avait emprunté. Quelques instants plus tard, les tirs commençaient de nouveaux à voler autour d'elle. L'un d'entre eux frappa le sol jusqu'à côté d'elle, envoyant des débris un peu partout – dont une partie sur elle. Plus facile à voir, elle se mit à zigzaguer afin d'être plus difficile à toucher et tira au hasard une balle derrière elle, espérant qu'elle ferait réfléchir ses poursuivants. Au service de l'empire, elle aurait eut un bon soutien aérien ou d'arclite pour couvrir sa retraite !

Lorsqu'elle arriva en vue de la brèche, elle ralentit très légèrement pour stabiliser son tir. Le garde qui surveillait la brèche n'eut aucune chance, et fut touché. Où, elle ne savait pas – elle n'avait pas cherché à tirer très précisément de toute manière – mais au moins il la laisserait passer.

Elle passa le mur d'enceinte et se mit à courir vers la forêt voisine, mais le bruit d'un engin aérien la fit se retourner. Elle vit immédiatement un petit engin antigravité – une équivalent de l'hélicoptère sans doute - foncer vers elle. Et surtout, elle vit qu'une mitrailleuse s'orientait. Elle chargea une munition Verrou – une petite balle EMP en réalité – et tira sur l'engin.

La charge ne fut pas suffisante pour complètement l'arrêter, mais le pilote dut néanmoins se poser afin d'éviter un atterrissage très, très brusque. Ce danger passé, elle continua de se diriger vers la forêts, puis retourna chez elle, non sans prendre un large détour pour tromper d'éventuelles poursuites...
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Lun 14 Mai - 21:05

Sur le chemin du retour, Kraalkhesh vint la rejoindre. Il lui déclara simplement qu'il l'avait suivi et la félicita pour la réussite de sa mission. De retour au Manoir Ganet (puisqu'il fallait désormais bien l'appeler ainsi), elle ne perdit pas de temps et se mit en devoir de classer et de lire ce qu'elle avait trouvé. Si elle trouva quelques menus papiers rédigés en Sperethiel, elle déchanta rapidement devant la masse de documents écrits dans une langue qu'elle ne connaissait pas. Elle essaya de les faire lire à Kraalkhesh, qui lui avoua qu'il ne savait pas lire.

Elle se décida donc à aller aux Archives pour essayer de trouver de quoi traduire ce charabia. Le Grêlé l'accueillit avec un sourire étrange et la mena aux rayons qu'elle cherchait après lui avoir signifié qu'elle devait cette fois s'acquitter de son droit de visite. Elle essaya dans un premier temps un dictionnaire Sperethiel-Butan et fut heureusement surprise de trouver là la clé de l'énigme calligraphiée. S'ensuivit un très long travail, qui lui prit une journée et demi pour déchiffrer grossièrement de quoi parlait chaque document.

Elle relut ses notes personnelles et se permit un mince sourire. Ses propres efforts de traduction ne la menait pas loin, mais il y en avait néanmoins assez pour présenter quelques bases au Seigneur des Minwanabi. Elle s'employa pendant encore une journée à voyager jusqu'à l'astroport, la plus grande place de commerce de Belvédère, pour s'y procurer à un prix exhorbitant, la laissant avec très peu de réserves trocables, un appareil holo-numérique. C'était un modèle assez ancien et probablement d'occasion, mais qui était néanmoins compatible avec les standards électroniques galactiques.

Elle prit des captures des documents qu'elle avait subtilisé et qu'elle comptait remettre à Jiro, cacha les autres dans un lieu sûr et se rendit au Manoir Minwanabi. Elle fut reçue quasiment immédiatement par le Seigneur Tsurani qui reçut les documents avec un remerciement et s'attacha à les lire.

Pour faire patienter son invitée, le Seigneur Jiro des Minwanabi lui fit servir une collation pendant les trois heures qu'il s'accorda pour tout lire. Ayla fut tirée d'une petite sieste quand il eut fini et qu'il reprit la parole :

"Très chère Dame des Ganet, ce que vous m'apportez là est plutôt satisfaisant. Nous avons quelques preuves que les Masare et les Acoma se sont bien livrés à des transactions portant sur des échanges d'armes et de technologies, et qu'ils en ont profité pour les revendre à des puissances étrangères. Ils semblaient également avoir pour projet de s'exiler ailleurs dans la galaxie et se tourner vers d'autres obscurs projets, ce qui sous-entend quelques complicités avec la Confrérie des Capitaines. Ce que je ne comprends pas en revanche, c'est leurs motivations. Il me paraît juste que vous soyez rétribuée pour vos efforts, mais je vous saurai également gré de continuer votre mission pour ramener d'autres preuves. J'ai peur qu'ils ne nous réservent quelques mauvaises surprises. Enquêter auprès des Acoma pourrait être une bonne piste. Leur Maître Espion est malheureusement insaisissable, mais leur intendant, Maître Ano des Acoma, saurait peut-être quelque chose. Si vous vous en sentez le courage, la Dame des Acoma peut-être une autre cible. Je dois vous laisser, j'ai beaucoup à faire. Merci de votre contribution, les Minwanabi ne l'oublieront pas."


-Manoir des Acoma-


"Maître Anselme, je dois vous parler."

"Oui Maître Jainu ?"

"Votre entraînement n'est pas terminé, mais nous savons qu'un espion ou un assassin sera bientôt ici. Aussi, le Manoir va t'il être sous bonne garde dans les jours à venir. J'ai reçu l'ordre de former un binôme avec vous et de monter la garde auprès des appartements de la Dame. Venez avec moi, je vais vous montrer votre équipement."
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Ven 24 Aoû - 19:35

Si les Acomas et les Masares étaient de mèche, il y avait fort à parier que sa petit visite au Sieur Butan n'était pas restée inconnue de ses prochaines cibles, auquel cas il faudrait se montrer prudent. Enfin, elle ne pouvait pas faire beaucoup plus que la dernière fois afin de se montrer discrète.

Le soir tombé, elle se dirigea vers la maison des Acomas. Le voyage se déroula sans aucune difficulté, et elle pu s’approcher de la propriété sans n’avoir rencontré personne. Une fois sur place, elle grimpa à l’un des nombreux arbres pour observer la situation à l’intérieur des murs du jardin.

La demeure des Acomas était constituée de plusieurs bâtiments de style architectural identique, mais dont un se détachait des autres par sa taille. Ayant repéré son objectif, elle descendit de son arbre et se dirigea vers le mur qu’elle escalada grâce à sa ceinture antigravité. Elle traversa ensuite le jardin et entra dans le bâtiment principal.

Bien que dans la place, Ayla ne pouvait s’empêcher de penser que ca avait été trop facile, sans compter que les détecteurs psis de sillages pouvaient arriver à la tracer. Enfin, elle aviserait le moment venu. Elle progressa rapidement jusqu’à arriver à une sorte de salle de réunion, avec une porte double, et deux autres portes. Elle tenta de passer par la porte double, mais celle-ci était fermée à clé. Elle se dirigea alors vers l’une des deux autres portes, mais rebroussa chemin lorsqu’elle vit qu’il y avait trois personnes de l’autre côté.

Elle s’approcha de la dernière porte de sortie, mais seulement pour se rendre compte qu’elle était aussi gardée par des silhouettes immobiles. Elle décida alors de retourner sur ses pas afin de trouver un autre passage.

Alors qu’elle avait quitté la pièce, elle se sentit tomber en avant. Rapidement, elle se releva pour repartir. Ce n’est qu’après qu’elle sentit la douleur diminuée par les calmants et qu’elle entendit le bruit du projectile qui l’avait touché au mollet. Elle en savait pas comment, mais ils avaient réussit à la suivre précisément.

Elle se précipita vers la sortie tout en arrosant derrière elle, mais même quand ses tirs étaient biens ajustés, ils s’écrasaient contre des boucliers. Elle lâcha alors une grenade derrière elle. La grenade se mit à émettre un bruit strident accompagné d’une fumée opaque et chaude, aveuglants aussi bien elle que, du moins elle l’espérait, ses poursuivants. Heureusement, il lui restait un mode de vue qui n’était pas aveuglé et elle pouvait continuer à surveiller les alentours.

Ce n’est que lorsqu’elle sortit qu’elle remarqua que l’alarme avait été donnée. Des tsuranis armés et protégés par des boucliers personnels fouillaient le jardin tandis que d’autres allaient activer des canons installés dans les bunkers en haut des tours. Elle décida qu’il valait mieux ne pas trop rester immobile et commença à partir vers un bâtiment annexe.

Alors qu’elle commençait à se déplacer, la tête d’un tsurani qui courrait sur les remparts explosa, et le cadavre tomba dans le jardin. Immédiatement, les autres cherchèrent à se mettre à couvert. Cependant, ils n’oublièrent pas Ayla pour autant, puisque bientôt, d’autres tirs commencèrent à pleuvoir autour d’elle. Au début, elle ripostait en utilisant son fusil de précision, mais elle le rangea pour prendre deux autres armes plus légères et plus adaptées à la situation. Elle remarqua à peine qu’une des tourelles s’était orientée vers les arbres et que l’obus qu’elle lança détruisit plusieurs arbres pourtant épais.

Bien qu’elle ne fit pas mouche, ses tirs forcèrent les tsuranis à trouver un abris, diminuant le feu ennemis. Cependant, elle savait qu’elle ne tiendrait pas longtemps à découvert, aussi, arrivée à un bâtiment annexe, elle lança un grappin vers le haut. Aidé par sa ceinture antigravité, l’ascension fut suffisamment rapide pour que les tireurs ne puissent la viser précisément. Ainsi, elle put rentrer dans le bâtiment sans avoir été touché.

Mais ce n’était pas pour autant qu’elle en était en sécurité, des trous laissèrent passer des projectiles venant de l’extérieur, la forçant à aller vers l’intérieur du bâtiment, sans pouvoir aider son mystérieux allié.
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MessageSujet: Re: Cinq ans à Belvédère   Lun 8 Oct - 19:53

Quelques jours plus tard :

La délégation du Pritiv était peu importante : elle ne comportait que 500 agents et qu'une trentaine de véhicules blindés. Elle se déploya devant le Manoir Acoma et Ovate se présentit face aux lourdes portes de la demeure de la Dame en demandant audience.

La Dame se présenta quelques minutes après face à lui et une discussion s'entama :

"Que puis-je pour le Pritiv ?"

Pour toute réponse, Ovate leva la main gauche et claqua des doigts. Derrière lui, les rangs des agents s'agitèrent pour faire avancer une petite estrade mobile sur laquelle reposait un corps affreusement mutilé et sûrement pas vivant : celui du Stratège Enthekhar.

Pour toute réaction, la Dame plissa des yeux, mais intérieurement, son corps tout entier se raidit.

"Nous croyons savoir que votre demeure a été victime d'un assaut nocturne il y a peu ma Dame."

"Oui ... l'incident a finalement été maîtrisé. Un Acoma est mort : nos aggresseurs étaient de bons combattants."

"On parle aussi d'une jeune dame. L'Humaine de la Maison Ganet."

"Oui, elle fait effectivement partie de mes prisonniers."

"Relâchez-là."


La Dame des Acoma inspira profondément et reprit.

"A quel titre suis-je accusée ?"

"Vous le savez fort bien : vous et le Stratège avez tenté de monter l'Empire contre Belvédère afin de raser Sillage de cette galaxie en manipulant la Maison Masare. Nous avons trouvé de nombreux signes de la retraite que vous vous prépariez avec les coudées franches pour imposer votre loi à ce secteur galactique. Nous avons laissé à Enthekhar une trop grande liberté, et il en a profité pour pactiser avec vous. Lui, il a déjà payé."


La Dame frisonna lorsqu'elle entendit Ovate dire ça avec une telle neutralité, et pourtant toute la dose de menace sous-jacente que sa dernière phrase comportait.

"Bien, je vais la faire relâcher."

"Qui étaient vos aggresseurs ?"

"Deux humains que je ne connaissais pas. Je ne pense pas qu'ils oeuvraient de concert avec la Dame Ganet. Nos premières recherches nous font penser à des assassins proches du Seigneur Revan dont les dernières actualités parlent tant. Nous ne pourrons malheureusement pas pousser plus en avant cette supposition."

"Vous voulez dire qu'ils sont ... ?"

"Oui, morts. L'un d'eux s'était même fait passer pour un invité. Ils ont tenté de m'assassiner, mais j'ai de bons combattants."

"Bien. J'ai deux choix qui s'offrent à moi. Le premier me mènera à l'Administration Centrale, vous serez soumise à jugement puis exécutée pour Haute Trahison ou un quelconque autre motif aussi grave, puis votre Maison sera réduite en cendres et ses possessions redistribuées entre les Maisons Masare, Minwanabi et Ganet."

"Et l'autre choix ?"

"La Maison Acoma renonce immédiatement et définitivement à toute activité de relations extérieures. Vous laisserez celles-ci aux trois autres Maisons que je viens de citer. Et vous n'approcherez pas le nouveau Stratège qui sera désigné comme tel d'ici quelques jours. Me suis-je bien fait comprendre ?"

"Oui."

"Parfait. En outre, vous cesserez toute activité aggressive à l'encontre des Maisons Minwanabi et Ganet ...

...

... disons, pour une durée de trois mois !"
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Cinq ans à Belvédère

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