-- Très loin de là --
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, tout était trouble et verdâtre. Elle se sentait tellement légère, comme si… elle flottait… Soudain vint l’illumination : elle était dans une cuve pleine de bacta ! Ses idées revinrent alors très vite : les formes devant elle était des humanoïdes qui la regardait en faisant de grands gestes verticaux. Elle regarda au dessus d’elle et aperçut un carré lumineux. Probablement la sortie de la cuve. Poussant sur ces jambes, elle s’élança vers le haut. Pendant quelques secondes, elle eut l’impression de voler, puis elle atteignit la surface. Aussitôt, des mains la happèrent. On lui ôta l’appareil respiratoire de la bouche, et on lui passa un épais peignoir blanc. Quelqu’un s’appliqua à lui essuyer le visage tandis qu’un autre lui passait une serviette dans les cheveux.
La lumière était forte, et elle mit quelques instants à pouvoir percevoir clairement ce qui l’entourait. Il y avait trois hommes. Un docteur, un officier et un matelot, tous avec l’uniforme propre à leur métier. Ils la détaillaient du regard, cherchant à en savoir plus sur elle. Puis, l’un d’eux, l’officier, lui parla :
- Enchantée Mademoiselle. Ravi de vous voir dans un meilleur état. Puis je savoir qui vous êtes ?
Elle le regarda surprise. Sa voie lui parvenait, toute déformée. Le docteur sourit et lui enleva quelque chose des oreilles. Probablement du bacta…
- hum, je disais donc, enchantée Mademoiselle. Ravi de vous voir dans un si bon état. Pouvez vous nous dire qui vous êtes ?
- Heu je…
Le trou noir. Depuis qu’elle s’était réveillée, elle ne s’était pas posée cette question toute simple, qui suis-je. Elle dut avoir un air affolé, car le matelot se précipita vers elle.
- Mademoiselle ! Allez vous bien ?
Et il la força à s’asseoir. Elle ferma les yeux et se concentra. Où étais-t-elle née ? Qui était elle ? Quel travail faisait elle ? Elle ne se rappelait de rien.
- Je suis désolé, je crois que… Je crois que je ne me souviens de rien…
L’officier la regarda, sans le moindre sourire.
- Ah, ça c’est embêtant, jeune demoiselle. En tous cas, vous n’apparaissez pas non plus dans les archives de la république. Bien, si vous êtes sur que vous allez bien, Robinson va vous conduire à vos quartiers, où vous pourrez prendre une douche. Après cela, nous discuterons à nouveau…
- Merci, Monsieur ?
- Appelez moi Capitaine. Voici le matelot Robinson et Doc.
- Alors merci Messieurs.
Elle salua les hommes, puis marcha vers la porte que tenait ouverte Robinson. Ils ne croisèrent personne dans les couloirs, et bientôt ils arrivèrent dans une petite cabine. Cette dernière était spartiate : un lit, une table, une armoire, et surtout, une salle de douche ! Robinson la laissa seule, et elle se dépêcha d’enlever son peignoir plein de bacta et la serviette de ses cheveux, et fonça sous la douche.
La sensation de l’eau chaude coulant le long de son corps fut un vrai régal après le bacta, bien plus gluant. Et l’odeur parfumée du gel douche à la grenade était réellement enivrante ! Mais il faut avouer qu’elle manquait d’éléments de comparaison, n’ayant aucun souvenir de sa vie avant son réveil dans la cuve…
Elle passa près d’une demi heure sous la douche, puis sortit enfin. Des vêtements avaient été déposés sur son lit. Rien de bien fabuleux : une simple combinaison de mécanicien, mais parfaitement pliée et repassée. L’équipage semblait être très soigneux. D’ailleurs, tout était très propre depuis qu’elle s’était réveillée, aucune saleté nulle part…
Avant de s’habiller, elle prit le temps de se contempler dans la glace de la petite salle de bain. Elle se trouvait belle, très belle même. Mais le visage que lui reflétait le miroir lui était totalement inconnu…
Elle s’habilla et sortit de sa cabine. Le Capitaine voulait lui reparler. Elle fut surprise de trouver Robinson en faction devant sa porte. Et c’est à ce moment qu’elle remarqua pour la première fois qu’il était armé. Le pistolet laser ne la menaçait pas directement, mais elle sentit que le matelot pouvait l’abattre sans qu’elle ait le temps de réagir… Il lui indiqua galamment la direction a prendre, et la laissa passer. Elle réalisa alors qu’aucun des trois hommes qu’elle avait rencontré ne lui avait tourné le dos une seule fois… La confiance était reine par ici… Mais d’un autre côté, ils avaient peut-être raison de se méfier, même elle ne savait pas réellement qui elle était.
Ils retournèrent dans l’antre du docteur, où ce dernier avait sortit une curieuse machine. Il s’agissait d’un siège muni d’un casque et de diverses sondes.
- J’ai fini de me doucher. Ca fait vraiment du bien !
- Je vois que les vêtements que nous vous avons apportés vous vont. J’avais peur que ce ne soit pas le cas, nous n’avions pas de combinaisons allant avec vos… eux… mensurations. Ca va, vous n’êtes pas trop serrée ?
- Ca ira, Capitaine, ne vous en faites pas pour moi.
- Parfait, nous vous trouverons quelque chose de plus adapté dès que possible. Bien, vous êtes vous rappelé de quelque chose ?
- Mm… Désolé…
- Bon, ce n’est rien. Asseyez vous sur cette chaise, on va regarder ce qu’il se passe dans votre cerveau.
Elle allait s’asseoir, quand elle s’arrêta et demanda :
- Ca va faire mal ?
- Non ma petite, ne t inquiète pas…
Et avec ses paroles réconfortantes, le médecin l’aida à s’asseoir délicatement, mais d’une main d’acier. Elle sentit comme un piège se refermer sur elle quand Doc lui attacha les mains et lui mit le casque sur la tête, mais elle ne pouvait rien faire. Aussi décida-t-elle de se taire…
Rapidement, Doc lui pausa des questions sur sa vie antérieure, puis sur ses goûts, et enfin lui fit passer une série de petits tests. Puis il s’isola avec le Capitaine pour lui parler à voie basse.
- … vrai cas d’amnésie… pas semblant…
- …peut-être ? As-tu…
- Pas la … idée…pas entièrement humaine…
- Falleen ! Je ne… possible.
- .. non plus… clone… étrange…
- …dangereuse pour nous ?
- … pense pas… surveillé… trouvé ce qu’elle… faire.
- …d’accord…
Puis ils revinrent l’aider à se détacher…
- Il semblerait que la médecine soit d’accord avec vous, vous ne vous rappelez de rien. C’est ennuyeux, mais nous ferons avec. Aimeriez vous être appelé par un nom en particulier ?
- Euh, je … Je n’en ai aucune idée !
- Bon, en attendant, que diriez vous de Mériniane ?
- Mériniane… Mériniane… C’est vraiment joli comme nom. Ca me plait beaucoup même ! Merci Capitaine !
- Parfait Mériniane. Venez avec moi, je vais vous faire visiter mon vaisseau !